Les femmes représentent en France 30 % des créateurs d’entreprise et 27 % des dirigeants de TPE/PME. Si l’on prend les entreprises du CAC 40, on constate un taux de féminisation de leur encadrement supérieur à 35 % et de meilleures performances en matière de croissance, de rentabilité, de productivité du travail et de création d’emplois.
L’UPE06 accompagne ce mouvement vertueux avec très récemment plus de 30 % de femmes présentes dans la nouvelle mandature de la CCI Nice Côte d’Azur, installée le 21 novembre dernier.

 

ANNE LECHACZYNSKI :
« J’AIME LA COMPLÉMENTARITÉ »

Anne LECHACZYNSKI_Copyright Kevin Leinster

Elle appartient à la deuxième génération familiale de femmes chefs d’entreprise. Anne Lechaczynski, au côté de son frère, a pris la suite de ses parents et surtout de sa mère qui assurait la gestion de la Verrerie de Biot. Une référence dans le monde économique azuréen et dans le monde du verre d’art, tout simplement !

C’est dire si cette chef d’entreprise emblématique d’une maison qui ne l’est pas moins, ouverte sur le monde et les marchés – pionnière dans le 06 des relations commerciales avec la Chine – peut témoigner de la place de la femme, à rebrousse-poil du discours convenu. « Dans une PME, le fait d’être homme ou femme n’a pas d’importance car, à la différence des grands groupes au management plus politique, c’est la compétence qui prime. Il en va de même, aujourd’hui, à l’international, contrairement à il y a 20 ans ».
« Je suis pour le mélange hommes / femmes, car nous sommes tellement complémentaires ! L’égalité n’est pas dans les gènes car nous sommes intrinsèquement différents. Physiquement, la femme est plus faible – aux JO, il y a le 100 mètres masculin et le 100 mètres féminin et personne ne songe à supprimer les catégories – mais elle enfante, donc elle porte en elle des forces différentes. En revanche si l’égalité n’est pas dans les gènes, elle doit l’être dans les droits et l’un des combats à mener est celui en faveur de l’égalité des salaires ».
« Mais au-delà de ces combats légitimes, nos différences et notre complémentarité font la force de l’entreprise qui doit être multiculturelle. Ce sont les différences qui nous font avancer. »

 

CLAIRE PERADOTTO :
« NE CHOISISSEZ PAS, AGISSEZ ! »

Claire PERADOTTO_Copyright Kevin Leinster

Claire Peradotto porte en elle le dynamisme et la sérénité, le goût de la lecture et la passion des voyages, le recul et l’envie de foncer.
Et, bien-sûr, le franc-parler : « Le monde féminin se divise en quatre espaces, quatre mondes : le monde familial, le monde professionnel, le monde personnel et le monde sociétal… et comme les femmes jonglent entre ces quatre mondes, privilégiant souvent la famille et la profession, elles ont tendance à cloisonner, à appliquer la politique du ou / ou, alors que nous devons appliquer la politique du et / et ! Il faut nourrir ces quatre pôles qui, eux-mêmes, se nourrissent de leurs interférences et s’enrichissent mutuellement. Cette interpénétration, qui s’organise, devient source de richesse personnelle intérieure…
« Aujourd’hui, la femme a tout en main pour agir et réussir et les seuls freins qui soient ce sont ceux qu’elle se met. Pour avancer, il faut apprendre à pousser les portes, car les hommes ne laisseront pas facilement la place – voyez la composition des conseils d’administrations ! C’est pourquoi, même si le principe me gêne, je suis favorable à l’application de quotas, au moins dans un premier temps ».
« Nous avons le pouvoir de procréer et portons en nous le gêne de la transmission, alors je dis aux femmes qu’elles sont capables d’être les actrices du changement. »

GENEVIÈVE CERAGIOLI :
« NOUS AIMONS LES DÉFIS ET LES CHALLENGES ! »

Genevieve CERAGIOLI_Copyright Kevin Leinster

Ingénieur, ingénieuse, Geneviève Ceragioli est chef de projet « Ville du futur » à EDF. Elle a opté pour l’optimisme, voit des signes positifs dans le département et, surtout, met en avant l’énergie qui habite les femmes. « Quelle belle époque nous vivons ! Les Conseils d’Administration des entreprises et les carrières politiques, s’ouvrent, par obligation, à nous les femmes. » « Mais le chemin à parcourir pour gagner un peu plus de pouvoir, reste long et semé d’embûches. » « Qu’à cela ne tienne, nous aimons les défis et les challenges, voire les combats qui semblent perdus d’avance ! »
« La dynamique qui semble s’instaurer dans notre département est plutôt positive, nous sommes de plus en plus nombreuses à faire entendre nos voix au sein des instances économiques : UPE06, CCI Nice Côte d’Azur. » « Il faut souligner également le travail de fond réalisé à nos côtés par des associations ou groupes tels que le Club Alter-Égaux, IMS… et j’en oublie probablement. »« Au sein de l’UPE06 et de la CCI Nice Côte d’Azur, nous aurons à coeur, j’en suis certaine, d’oeuvrer et de parler au nom de toutes les femmes qui souhaitent faire bouger les lignes et contribuer au développement de notre territoire pour le bien-être de toutes et tous. » « La Société a tout à y gagner et c’est lorsqu’elle en prendra conscience que nous aurons tous réussi ! »

 

KARINE ANANIE :
« FORCE ET HUMANISME »

Karine ANANIE_Copyright Kevin Leinster

Avocate, intervenant dans le droit des affaires et le droit du travail, au sein d’un cabinet qui respecte « l’égalité stricte », Karine Ananie dresse un tableau éloquent de la situation en rappelant quelques chiffres clés au sein de sa profession qui, remarque-t-elle, est pourtant ultra féminisée, tout comme la magistrature : « Si 80 % des diplômés de l’École Nationale de la Magistrature sont des femmes, ces dernières n’occupent que 30 % des échelons les plus élevés. Et, en 2012, sur 8 500 magistrats, 4 femmes seulement présidaient des cours d’appel ».
Dans la même lignée, si « les femmes représentent 48 % de la population active, seules 14 % occupent des postes de direction » selon une étude portant, en France, sur la période 2003-2013, souligne Me Ananie, avant de remarquer que la promotion interne, au sein des grands groupes, est correctement accessible aux femmes alors que les hommes sont privilégiés lors des recrutements externes, en dépit des dispositions de non discrimination à l’embauche.
Quoi qu’il en soit, les contestations sont relativement peu nombreuses devant les tribunaux soit parce que les femmes « n’osent pas » aller en justice pour cela, soit parce que l’inégalité de traitement est « compliquée à démontrer »…
Karine Ananie se réfère au philosophe et sociologue Frédéric Lenoir pour rappeler que « dans le monde, les hommes ont imposé pendant longtemps leur « tempo » fait de valeurs guerrières et de domination ». Un tempo qui est en train de changer avec la montée de la féminisation des valeurs faites « d’écoute, d’échanges, de primauté de l’être sur l’avoir, de bienveillance ».
Elle conclut : « Le meilleur management est celui qui privilégie la complémentarité du masculin et du féminin : force et humanisme ».

 

KARINE BRUT :
« OSER PLUS ET PRENDRE PLUS DE PLACE ! »

Karine BRUT_Copyright Kevin Leinster

Présidente de Tell Us Conseil, une société de conseil en gestion de patrimoine, Karine Brut aime aller de l’avant et ne se plie pas à la fatalité ou aux normes établies.
Aux oppositions stériles, elle préfère le collectif et l’audace : « Je dirais que l’entrepreneur au féminin est un entrepreneur comme les autres. Ce que la femme apporte à l’entreprise, au collectif formidable qu’est l’entreprise, c’est la richesse qu’apporte la diversité. »
« Lorsqu’elle est dirigeante, parce qu’elle est en capacité de manager et de donner les impulsions, la femme a plus de possibilités de faire valoir ce point de vue différent ».
« Rien ne me paraît plus vain que d’opposer les hommes et les femmes. »
« On a besoin de tous pour créer un collectif. »
« Mon souhait est que les femmes osent plus prendre le risque de l’entreprenariat avec des ambitions plus grandes. Elles ne sont en France que 17 % à diriger des sociétés de type SA ou SAS. »
« Ce souhait ne relève d’aucune considération morale mais bien d’un souci d’efficacité économique collective. Les femmes doivent prendre plus de place dans l’entreprenariat parce que cela va dans le sens de l’intérêt général. »

 

LAURENCE CHALEIL :
« LA FÉMINISATION ? UN PROCESSUS IRRÉVERSIBLE ! »

Laurence CHALEIL_Copyright Kevin Leinster

Laurence Chaleil sait ce que l’engagement veut dire : directeur général de Côte d’Azur Sotheby’s International Realty, dirigeant-fondateur de LC Conseil, elle met son dynamisme et sa rigueur professionnels au service de l’entreprise et de la cause des femmes qui, à ses yeux, a dépassé un cap.
« La féminisation de l’entreprise n’est plus une option, c’est un processus irréversible qui trouve son origine, tout simplement, dans le déploiement (non terminé) de l’égalité entre les hommes et les femmes. »
« Si le sujet est abordé aujourd’hui c’est afin de convaincre l’ensemble des acteurs que ce processus est une opportunité et une chance. Et puisqu’il est inéluctable, nous souhaitons ainsi accélérer l’éradication des obstacles injustes. »
« La diversité est une preuve d’ouverture qui influe positivement, consciemment ou inconsciemment sur l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise. En conséquence, la performance donc la profitabilité en sont accrues. »
« Ma génération souffre encore de reliquats de mauvaise volonté liée à un machisme niais de quelques hommes en voie de disparition. La nouvelle génération ne devrait plus être confrontée à cela. »
« La monde change continuellement et de plus en plus vite, l’entrée des femmes permet d’accroître les forces vives, le registre de l’imagination, le travail collaboratif, apporter de nouveaux angles de vue, de solutions… »
« Le cercle vertueux est amorcé, l’enjeu à terme sera de conserver une identité masculine et une identité féminine. »Air Jordan IV 4 Shoes