Le projet de ligne à grande vitesse entre Marseille et Nice s’est transformé au fil de la concertation en un projet de ligne nouvelle donnant la priorité aux trains du quotidien pour répondre aux besoins d’amélioration de la mobilité des habitants de la région. Il entre à l’automne 2016 dans une phase de concertation publique pour les aménagements relatifs à la Priorité 1 du projet : la désaturation des nœuds marseillais et azuréen. 

Entretien avec Jean-Michel CHERRIER, Directeur Territorial Adjoint Chef Mission LNPCA.

 

Que peut-on dire de la situation actuelle en matière de transport sur la région ?

Aujourd’hui la problématique de la mobilité régionale en Provence-Alpes-Côte d’Azur est complexe. La ligne historique ferroviaire est saturée et les principaux aménagements routiers sont réalisés ou en passe de l’être. La région est donc dans une situation compliquée sur le plan des déplacements avec de nombreuses conséquences pour les habitants. A titre d’exemple, un actif qui se rend quotidiennement d’Aix à Marseille perd l’équivalent de 40 jours de travail par an ! Parce que ce n’est pas une situation durable, il est important d’envisager maintenant la mise en place d’un système ferroviaire pertinent et efficace pour l’avenir.
La ligne historique unique entre Marseille et Nice qui date de 1860 ne permet pas de répondre à l’augmentation des besoins de transports à venir sur la région. Il est donc nécessaire de construire une nouvelle infrastructure qui soit connectée au réseau existant pour avoir la possibilité de passer d’une voie à l’autre en cas d’incident, de séparer les trafics et donc d’augmenter et de sécuriser le réseau ferroviaire et sa desserte.

 

On entend parler de ce projet depuis plus de 10 ans, ou en est-on aujourd’hui ?

Le projet initial de Ligne à Grande Vitesse porté par SNCF Réseau à partir des années 2005, a évolué et a laissé place à un projet de ligne nouvelle. La concertation de 2011 a en effet conduit le maître d’ouvrage et les co-financeurs à modifier le projet, et à prendre en compte en priorité les trains du quotidien. Le premier objectif du projet (Priorité 1) est donc de permettre, avant 2030, la désaturation des nœuds ferroviaires marseillais et azuréen, ce qui permettra d’assurer un quasi doublement des trafics ferroviaires sur ces deux territoires. Après 2030 la Ligne Nouvelle sera prolongée, par les tronçons Aubagne/Toulon et Est Var/Siagne (Priorité 2). Le doublement de la ligne dans le Var, entre l’est de l’aire toulonnaise et le Muy sera enfin réalisé après 2050.
La concertation publique organisée d’octobre à décembre 2016 présente les différentes variantes de tracés et de positionnement de gare de la Priorité 1 du projet de Ligne Nouvelle (à réaliser avant 2030). A l’issue de cette concertation, un choix de tracés et de gares sera réalisé. Cela permettra d’engager des études approfondies et d’envisager l’obtention de la déclaration d’utilité publique à l’horizon 2019 puis un démarrage des travaux à partir de 2022.

 

Quelles sont les prochaines étapes ?

Au regard du calendrier, il est important de prendre certaines décisions dès janvier 2016 suite à la concertation publique. Cette période de fin d’année est donc extrêmement importante pour le projet. Le dispositif de concertation mis en place par SNCF Réseau a vocation à ce que chacune et chacun puisse s’informer sur le projet et exprimer son point de vue.Air Zoom Pegasus EM