Édito d’avril de Franck CANNATA, président de l’UPE06

À l’automne dernier, lors de l’examen des projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale, nous avions appelé à un sursaut de lucidité collective, à une gestion budgétaire plus rigoureuse et à un recentrage du débat public sur les enjeux de compétitivité, de croissance et de souveraineté économique.

 

Nous étions inquiets sur la difficulté pour notre pays de faire face à un éventuel choc extérieur compte tenu de la fragilité de ses finances publiques.

 

Aujourd’hui, le conflit au Moyen-Orient fait apparaître notre vulnérabilité et révèle concrètement la fragilité structurelle de nos finances publiques privant notre pays de toute marge de manœuvre, contrairement à nos partenaires européens.

 

À titre d’illustration, elle pourrait disposer de 80 à 90 milliards d’euros de capacité de réaction supplémentaires si elle présentait des niveaux de déficit comparables à ceux de l’Espagne ou de l’Italie.

 

L’inflation importée via l’énergie et certains intrants va produire des effets sur les chaînes d’approvisionnement, les coûts de production et les trésoreries des entreprises, qui seront aggravées par la hausse des taux d’intérêt qui va freiner l’investissement.

 

Notre salut ne peut passer que par des réformes structurelles pour réduire les dépenses sociales et remettre en cause la paralysie administrative et la multiplication des normes qui frappent nos entreprises.

 

Seule une croissance soutenue générée par un taux d’emploi supérieur, une durée du travail allongée, nous autorisera à sortir de l’impasse.

 

À titre de rappel, la croissance d’un demi-point de PIB supplémentaire apporterait 14 milliards dans l’escarcelle des comptes publics.

 

Nous ne pouvons plus distribuer ce que nous n’avons pas.

Gouverner, ce n’est pas entretenir l’illusion.

C’est regarder le réel et préparer l’avenir.