Édito de juillet de Franck CANNATA, président de l’UPE06
Le Comité d’alerte des finances publiques qui s’est réuni mardi 7 juillet, a acté la révision de la croissance à la baisse et la nécessité de nouvelles coupes dans les dépenses publiques.
Une réalité s’impose : quand les dépenses publiques représentent 57 % du PIB, qu’on a un déficit aussi élevé et une charge de la dette du pays qui représente maintenant huit fois le budget de la Justice, quatre fois celui du Travail, on ne peut plus contourner le sujet, et enfin faire preuve de bon sens et de courage.
Aujourd’hui, les entreprises ne parviennent pas à investir, embaucher ou augmenter les salaires comme elles aimeraient le faire.
Et c’est largement dû au détricotage de la politique de l’offre depuis la dissolution de 2024.
Depuis deux ans, alors que les retraites de base n’ont jamais été désindexées, les entreprises ont vu les allègements de charges rabotés, la CVAE maintenue, la surtaxe sur les bénéfices reconduite…
Parallèlement, il y a une forme d’aberration : le niveau des dépenses de fonctionnement des administrations est anormalement élevé en France par rapport aux standards internationaux, mais la qualité des services publics se dégrade continuellement.
Les déficits accumulés, les lâchetés budgétaires, les facilités de caisse conduisent toujours à une forme d’esclavage économique.
On devient l’esclave de ses créanciers ou à défaut et c’est le plus sérieux, de tous ces marchands d’illusions qui vous promettent la lune.
Nous devons impérativement redresser les finances publiques dans la durée, sans porter atteinte à la base productive et en créant les conditions du retour de la croissance.
Il est absurde de couper dans les crédits de l’apprentissage, de France 2030 ou du Fonds vert parce qu’on n’arrive pas à baisser nos dépenses de fonctionnement courantes.
Baisser la dépense publique n’a rien d’aberrant.
Ce n’est rien à côté des efforts énormes qu’il faudra réaliser sous la contrainte des marchés si l’on continue à ne rien faire.