Édito d’octobre de Franck CANNATA, président de l’UPE06
Cessons de décourager les chefs d’entreprise de notre pays
Alors qu’il avait adressé aux entrepreneurs un courrier promettant la stabilité fiscale, le Premier ministre a présenté jeudi 1er octobre un budget dans lequel les prélèvements obligatoires augmenteront l’an prochain de 0,3 point de PIB, soit environ 9 milliards d’euros.
Les prélèvements nets sur les sociétés non financières représentent déjà 20,2 % de leur valeur ajoutée, contre 16,1 % chez nos principaux voisins (Rexecode, septembre 2026).
Cet écart représente 63 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires pour nos entreprises par rapport à leurs concurrentes européennes.
Sur la seule année 2026, les entreprises ont subi une hausse de leurs prélèvements d’environ 6 milliards d’euros, portée notamment par le gel du barème des allègements de charges (2,2 milliards) et la hausse de la fiscalité de l’énergie.
S’y ajoute la surtaxe d’impôt sur les sociétés : créée en 2025, où elle a rapporté 7,5 milliards d’euros, elle a été prolongée en 2026.
La première réforme des allègements de cotisations, en 2025, avait déjà coûté 1,6 milliard par an.
Et quand il manque des milliards, la solution de facilité est toujours la même : mettre les entreprises à contribution.
Prenons les allègements de charges, que l’on qualifie volontiers d’aides coûteuses.
C’est oublier qu’ils sont intégrés au barème, déjà très élevé, des cotisations patronales : les raboter, c’est augmenter ces cotisations, donc le coût du travail.
Le projet de budget prolonge en 2027 le gel des allègements décidé en 2026, pour 2,9 milliards d’euros.
Cette mesure ne doit pas être votée : elle pèserait lourdement sur la croissance et sur l’emploi, déjà en berne.
La question est simple : veut-on vraiment encourager les entreprises à investir, recruter et se développer ?
Les entreprises prennent déjà largement leur part au redressement des comptes publics.
Le vrai chantier est ailleurs : une dépense publique à 57 % du PIB et une dette qui a progressé de près de 60 milliards d’euros en un seul trimestre, pour atteindre 3.595,5 milliards fin juin (Insee).
Au fond, l’enjeu ne change pas : le travail doit être rentable pour les entreprises et rémunérateur pour les salariés.
Taxer davantage les entreprises, comme taxer encore plus le travail, est et restera une erreur.
Les pouvoirs publics devraient au contraire nous encourager à créer davantage de richesse, pour que nous puissions la partager, y compris avec l’État.
C’est tout le sens du combat que nous mènerons à l’approche de la prochaine élection présidentielle : faire remonter la réalité du terrain et peser pour des décisions publiques enfin compatibles avec la vie des entreprises.